La mise en commun des moyens de production : une organisation 100 % gagnante !

#Engagésenplaine

Dans les années 70, Alain Sagot, coopérateur de la Section de Pithiviers-Toury, décide de travailler en collaboration avec ses deux voisins, Gilles Desforges et Patrice Vellard, pour le semis et l’arrachage des betteraves. Mais en 2000, rencontrant des problèmes de main d’œuvre, les 3 agriculteurs songent à mettre en commun leur assolement, partant de l’idée qu’il est « plus facile de travailler 450 hectares à 3 que 150 hectares tout seul ».

En 2006, après deux ans de mûre réflexion avec l’accompagnement des organismes de la profession, les 3 voisins sont les premiers en France à créer une Société En Participation (SEP), un nouveau statut juridique permis par la loi d’orientation de 2005 qui a reconnu le statut de fermage.

Concrètement, la SEP Savelorges leur permet de mettre en commun leurs moyens de production (matériel, intrants, foncier, travail) et leurs récoltes mais pas leur patrimoine, chacun restant propriétaire de son exploitation. Pour gérer le matériel et rémunérer le travail, ils s’appuient sur une Société en Nom Collectif. « Pour nous, le plus important était de rémunérer le travail en premier, ainsi, celui qui a moins de surfaces n’est pas pénalisé », explique Alain Sagot. « De même quand il y a peu de résultat, comme en 2016, on a rémunéré le travail d’abord puis on a distribué le reste proportionnellement à la surface. On a aussi un petit coefficient sur la production pour tenir compte du rendement moyen des différentes parcelles. Nous avons réfléchi à toutes les options de rémunération et vraiment bâti notre modèle « à la carte » pour que ce projet nous ressemble et mette en lumière tous les avantages de chacun. »

Le bénéfice de cette organisation en groupe a été immédiat : « En mettant en commun notre assolement, on a mutualisé nos coûts et nos gains. En réorganisant le travail, malgré le triplement des surfaces, on a constaté qu’on n’avait pas besoin de plus gros matériels, ce qu’on avait était suffisant. On a même revendu des matériels et économisé 50 € à l’hectare dès la première année »Au-delà des économies d’échelle, cette nouvelle organisation du travail leur permet d’être très dynamiques : « On a aussi mis en commun notre matière grise ! On trouve plus facilement des solutions à trois et on est plus innovants car on se sent plus forts. Cela nous a permis de nous lancer dans de nouvelles cultures, on a en une quinzaine au total et qui sont parfois délicates, comme la ciboulette. On s’est aussi investis dans de nouvelles pratiques et dans les certifications et aujourd’hui nos exploitations sont certifiées, entre autres, Haute Valeur Environnementale – niveau 3. »

Aujourd’hui l’un des associés fondateurs, Patrice Vellard, a pris sa retraite et c’est le fils d’Alain Sagot, Dorian, qui prend sa succession. La SEP Savelorges a encore de beaux jours devant elle !

Retour à la newsletter : newsletter.cristal-union.fr