
Cette année, des conditions climatiques exceptionnelles ont entraîné une baisse des rendements et une dégradation importante des betteraves, dont une grande partie n’est pas transformable en sucre. Cette situation hors normes a exigé et exige encore de s’adapter, jour après jour !
Dans ce contexte, nos sites se mobilisent pour relever plusieurs défis :
Premier défi, déjà relevé : sauver un maximum de betteraves dégradées en les transformant directement en alcool, en amont de la campagne sucrière. Nous ne l’avions jamais fait et c’est une réussite ! A Arcis-sur-Aube : 150 000 tonnes de betteraves dégradées ont pu être directement transformées en alcool et en substrats destinés à faire de l’alcool après la campagne sucrière.
Second défi, en passe d’être relevé : transformer en sucre les betteraves saines, dans le meilleur calendrier possible. Tous les sites Cristal Union sont actuellement en campagne sucre. Même si elles sont écourtées, à l’exception de celles de Fontaine-le-Dun et de Sainte Emilie, l’objectif est clair : produire un maximum de sucre de qualité sur tous les sites.
Troisième défi, à partir du 25 novembre : sauver les betteraves dégradées qui sont encore dans les champs en les transformant sur les sites d’Arcis-sur-Aube et de Corbeilles. Dès la fin de la campagne sucrière, des betteraves dégradées d’Arcis-sur-Aube, de Corbeilles et Nangis, pourront être transformées pour produire de l’alcool, exclusivement.
À situation exceptionnelle, solution exceptionnelle : cette année, Cristal Union a produit de l’alcool à partir de betteraves dégradées en amont de la campagne sucrière. Et l’opération sera renouvelée en fin de campagne !
« Cet été, nous nous attendions à des difficultés déjà connues liées à la sécheresse : baisse de rendements, cadences à adapter à des richesses en sucre très élevées… Mais tout a basculé le 10 septembre. Les informations de la direction agricole, puis les analyses, ont révélé que de très nombreuses betteraves, même celles que nous pensions saines, étaient dégradées. Leur taux élevé de mannitol nous empêcherait d’en faire du sucre. Il a fallu réagir très vite : nous avons décidé d’en transformer un maximum directement en alcool sur le site d’Arcis-sur-Aube. Nous ne l’avions jamais fait, il fallait le tenter ! » explique Pascal Hamon, Directeur Industriel de Cristal Union.
Premier impératif : décaler le moins possible le démarrage de la campagne sucrière d’Arcis-sur-Aube, et donc transformer un maximum de betteraves dégradées en alcool, dans un temps très court. Certains délais restent incompressibles : l’allumage du four à chaux, par exemple, prend cinq à six jours.
Il a aussi fallu revoir en quelques jours les procédures, missions, et plannings de toutes les équipes, saisonniers compris. Tous ont répondu présent pour démarrer plus tôt et s’adapter à une activité inédite.
Dimanche 20 septembre, une première diffusion était mise en service, sans savoir combien de betteraves pourraient être transformées par heure.
Ensuite, tout s’est enchainé très vite : production d’alcool dès le lundi à partir de jus issus de la diffusion, et en parallèle envoi en épuration dès le mardi pour essayer de transformer toujours plus de betteraves chaque heure. Et bonne surprise : les équipes ont réussi à obtenir un substrat très coloré et concentré, réutilisable plus tard pour produire de l’alcool. Résultat : la capacité de transformation des betteraves dégradées a plus que doublé !
La production d’alcool à partir de betteraves dégradées s’est déroulée du 20 septembre au 1er octobre. Le site a ensuite démarré sa campagne sucrière. Dès qu’elle s’achèvera, autour du 25 novembre, un run alcool sera lancé pour valoriser encore plus de betteraves dégradées d’Arcis-sur-Aube, tout comme sur Corbeilles à partir de mi-novembre. Et les substrats basse qualité obtenus à partir des betteraves dégradées d’Arcis, Nangis et Corbeilles seront distillés tout de suite après.
Ces opérations inédites ne doivent pas en faire oublier les défis de la campagne sucrière en cours !
Avec des campagnes de moins de 100 jours en moyenne et des betteraves à transformer très dégradées et hétérogènes, les sucreries doivent s’adapter en permanence.
Pour préserver la qualité des betteraves saines, la durée de stockage en silo est limitée et les plannings d’enlèvement sont ajustés. Cette contrainte s’applique également aux usines : le temps de stockage dans la cour à betteraves ne doit pas excéder 2 à 3 heures en moyenne. Pascal Hamon souligne : « C’est du jamais vu, c’est un énorme défi logistique ! »
Enfin, priorité a été donnée cette année à la production d’un sucre de qualité Cristal+. Les cadences des sites sont donc ralenties afin d’obtenir une cristallisation optimale, sans formation d’agglomérats, un parfait équilibre thermique lors de la cuisson et de l’évaporation des jus, et une épuration de qualité. « Là encore, les équipes doivent constamment s’adapter, » conclut Pascal Hamon.

Cour à betteraves d’Arcis le 30 septembre, à gauche le tas de betteraves restantes pour le dernier jour du « run alcool », à droite les betteraves destinées à la fabrication de sucre
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